Il a été transporté dans cet hôpital. Pendant une journée, on s'est demandé : « Qu'est-ce qu'on fait?» On nous disait : « Il faut qu'il aille dans un établissement psychiatrique, il faut qu'il aille dans un établissement psychiatrique. » On hésitait. Je n'arrivais pas à prendre de décision. Cela a duré pratiquement une journée. Et à la fin de la journée, j'ai fini par signer l'internement. J'ai fini par signer l'internement à Villejuif, l'internement à l'hôpital psychiatrique de Villejuif. Enfin, il arrivait à dire aux infirmiers, il leur disait : « Je suis le grand sorcier, je suis le grand sorcier. » Il sortait des choses tout à fait étonnantes. C'était un peu la caractéristique d'Olivier. De dire des choses qui étonnaient beaucoup les gens. On me disait plus tard, quand il faisait des stages de clarinette en Bretagne, on disait : « Olivier, qu'est-ce que tu nous dis ? » Les gens étaient complètement désarçonnés par ce que leur disait Olivier, ils n'avaient jamais entendu des choses pareilles avant, tout cela venait de ses lectures, de sa sensibilité, de son propre mental qui n'était pas celui des petits copains qu'il avait connus à l'école. Il était complètement différent.
Comme je dis : « Si seulement je n'avais pas eu de père. » Je crois que souvent, le père... J'ai une conception qui vient peut-être de Sartre. Sartre a dit, à la fin des Mots : « Si mon père avait vécu, il se fût couché sur moi et m'eût écrasé. » C'est ce qui s'est un peu produit pour moi. C'est ce qui s'est peut-être produit pour Olivier.
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